DPE et électricité : Le Coefficient energie primaire 1.9 au 1er janvier 2026. Pourquoi est-ce un piège pour vos aides ?

Coefficient énergie primaire 1.9

C’est officiel : à partir du 1er janvier 2026, la méthode de calcul du DPE va changer. Le coefficient de conversion de l’électricité baissera de 2,3 à 1,9. Une simple ligne comptable qui va transformer artificiellement des milliers de logements classés E, F ou G dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude.

Bonne nouvelle ? Pas pour votre portefeuille. Si votre étiquette s’améliore « toute seule », vos factures restent identiques et vous risquez de perdre l’accès aux aides à la rénovation avant même d’avoir commencé les travaux. Explications.

Comprendre le coefficient d'énergie primaire : Ce que vous payez vraiment

Pour bien comprendre l’arnaque intellectuelle qui se profile, il faut revenir à la base du DPE. Ce diagnostic ne mesure pas uniquement ce que vous consommez au compteur (énergie finale), mais l’impact de cette consommation sur les ressources de la planète (énergie primaire).

Ce coefficient de conversion (2,3 actuellement) représente tout ce qui se passe en amont de votre compteur :

  1. L’énergie consommée à l’entrée de la centrale pour produire le courant.

  2. Le rendement de la centrale (nucléaire, gaz, renouvelable…).

  3. Les pertes d’énergie lors du transport sur les lignes haute tension jusqu’à chez vous.

Tout comme pour le bois ou le fioul, ces pertes sont imputées à votre logement. Jusqu’ici, on considérait qu’il fallait 2,3 kWh d’énergie à la source pour vous livrer 1 kWh. L’État a décidé qu’au 1er janvier 2026, il ne faudrait plus que 1,9 kWh.

Soyons clairs, le mix énergétique français ou la physique des lignes électriques n’ont pas changé du tout au tout depuis le 1er juillet 2021, où le coefficient était à 2.58. C’est une décision administrative pour favoriser l’électricité, qui gomme d’un trait de plume une partie des pertes du réseau sur votre diagnostic.

E, F, G : La fin artificielle des passoires énergétiques

Dans nos départements (66 et 11), le chauffage électrique est majoritaire. L’impact de ce nouveau calcul sera radical pour les logements classés E, F et G (les fameuses passoires thermiques).

Mécaniquement, sans poser la moindre fenêtre ni le moindre isolant :

  • Un logement classé G pourra basculer en F ou E.

  • Un logement classé E pourra se retrouver en D.

Le paradoxe : Vous aurez une meilleure note, votre bien prendra de la valeur sur le papier, et vous sortirez des interdictions de location. MAIS, pour l’occupant (propriétaire ou locataire), la réalité est brutale : la facture d’électricité ne baissera pas d’un centime. Le logement reste une passoire thermique réelle, même s’il ne l’est plus administrativement.

Vous possédez un logement classé E, F ou G ? Le compte à rebours a commencé.

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Le vrai danger : L'exclusion des aides à la rénovation

C’est là que le piège se referme. Aujourd’hui, les dispositifs les plus puissants (comme MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné) ciblent prioritairement les logements énergivores (E, F, G) pour les inciter à faire des sauts de classe énergétique.

En basculant administrativement votre logement vers une classe D au 1er janvier 2026 :

  • Vous n’êtes plus considéré comme prioritaire.
  • Vous perdez l’accès aux enveloppes budgétaires réservées aux « passoires ».
  • Vos subventions pour l’isolation ou la pompe à chaleur pourraient être drastiquement réduites, voire supprimées.

Propriétaires du 66 et du 11 : Vous avez jusqu'à fin 2025 !

Cette réforme est une épée de Damoclès. Si vous avez un projet de rénovation globale, attendre 2026 est un pari risqué. Une fois que l’algorithme du DPE aura « nettoyé » votre note, il sera trop tard pour réclamer les aides liées à votre état actuel de passoire énergétique.

Le passage au coefficient 1,9 est une victoire administrative pour les statistiques de l’État, mais un leurre pour le confort des ménages. Ne laissez pas une modification comptable vous priver des aides auxquelles vous avez droit aujourd’hui. Dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude, anticipons ensemble cette échéance pour garantir la rentabilité de vos travaux et votre confort réel.

FAQ

Qu'est-ce que le coefficient d'énergie primaire et pourquoi passe-t-il à 1,9 ?

Lorsque vous consommez 1 kWh d’électricité chez vous (énergie finale), il a fallu en produire davantage en amont pour compenser les pertes des centrales et du transport sur le réseau. Ce total s’appelle l’énergie primaire. Jusqu’à présent, l’État appliquait un coefficient de 2,3 (il fallait 2,3 kWh primaires pour vous fournir 1 kWh final). Au 1er janvier 2026, ce coefficient passera à 1,9. C’est une décision administrative qui considère, sur le papier, que la production et le transport de l’électricité sont devenus plus efficaces et moins énergivores.

Non, absolument pas. C’est le piège principal de cette réforme. Le changement de coefficient est une modification de la méthode de calcul, pas une modification physique de votre logement. Vos radiateurs, votre isolation et vos fenêtres restent les mêmes. Votre compteur Linky tournera à la même vitesse et vos factures d’énergie resteront identiques. Vous aurez simplement une « meilleure note » administrative.

Si vous chauffez à l’électricité, votre logement risque de changer de classe énergétique automatiquement au 1er janvier 2026, passant potentiellement de G à F, ou de F à E (voire D).

  • L’avantage : Vous sortirez des interdictions de location liées aux passoires thermiques.

  • L’inconvénient majeur : En n’étant plus considéré comme une « passoire énergétique », vous risquez de perdre l’accès aux aides financières les plus avantageuses (MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné) qui ciblent prioritairement les logements F et G.

Non, cette mesure spécifique concerne uniquement le coefficient de conversion de l’électricité. Les logements chauffés aux énergies fossiles (gaz, fioul) ne verront pas leur DPE s’améliorer « magiquement » et resteront soumis aux mêmes règles et aux mêmes incitations à la rénovation pour sortir des énergies carbonées.

Parce qu’une fois la réforme passée, il sera trop tard. Si votre maison classée E aujourd’hui devient « administrativement » une classe D en 2026, vous ne pourrez plus prétendre aux primes réservées aux passoires thermiques, même si vous n’avez fait aucun travaux ! Pour sécuriser le montant maximum de vos subventions dans le 66 et le 11, il est impératif de monter vos dossiers de rénovation globale sur la base des règles actuelles, avant l’échéance du 1er janvier 2026.

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