Coefficient électrique du DPE : encore un changement, sans qu’aucun logement n’ait bougé

Evolution du coefficient d'energie primaire au 1er janvier 2027

L’arrêté du 19 août 2026 vient d’être publié au Journal officiel. Il confirme un nouveau changement du calcul du DPE électrique, applicable au 1er janvier 2027.

Ce que l'arrêté du 19 août 2026 vient d'officialiser

Le texte fixe le coefficient de conversion de l’électricité à 1,7. Il abroge l’arrêté du 13 août 2025, qui avait fixé la valeur précédente à 1,9.

Cette nouvelle valeur s’appliquera aux DPE et aux audits énergétiques à compter du 1er janvier 2027. Les diagnostics déjà réalisés restent valables, sans obligation de refaire quoi que ce soit.

Comme lors de la réforme précédente, une attestation de mise à jour sera disponible gratuitement, sans nouveau passage de diagnostiqueur.

Un coefficient qui n'a jamais autant bougé en si peu de temps

Ce chiffre traduit l’électricité consommée chez vous en énergie qu’il a fallu produire en amont, centrale comprise, pertes du réseau comprises. C’est comme calculer le carburant réellement brûlé pour remplir votre réservoir, pas juste ce qui sort de la pompe.

Pendant des décennies, ce coefficient est resté figé à 2,58. Avec la méthode 3CL2021, il descend à 2,3. Au 1er janvier 2026, il passe à 1,9. Et voilà déjà la troisième révision annoncée pour janvier 2027, à 1,7.

Trois changements en deux ans, après près de cinquante ans de stabilité. C’est ce rythme qui interroge, pas le principe du coefficient.

D'où sort exactement ce chiffre de 1,7 ?

À force de modifier le thermomètre, finira-t-on par prétendre qu’il n’y a plus de fièvre ?

Un mur non isolé reste non isolé. Une toiture mal isolée reste mal isolée. Un convecteur électrique n’a amélioré aucun rendement. Le besoin de chauffage du logement, lui, n’a pas diminué d’un watt.

Alors j’ai voulu recalculer ce chiffre moi-même, à partir de la physique du réseau français.

Pour produire 1 kWh électrique moyen, on combine les rendements de chaque filière. Le nucléaire, environ 65% du mix, tourne à 33% de rendement sur le parc actuel. Il faut donc 3,03 kWh de chaleur thermique pour sortir 1 kWh électrique. Le thermique gaz, environ 10% du mix, affiche 40% de rendement, soit 2,50 kWh de combustible primaire. Les renouvelables, environ 25% du mix, sont comptés par convention internationale à 100% de rendement, soit 1 kWh primaire pour 1 kWh électrique.

La moyenne pondérée donne 2,4695 kWh primaire en sortie de centrale. Ajoutez les pertes du réseau RTE et Enedis, environ 8% dissipés en chaleur dans les câbles. Le calcul complet aboutit à 2,68.

Et le coefficient réglementaire, lui, sera de 1,7.

Quelle méthode de calcul justifie ce chiffre ? Quel mix retenu ? Quels rendements, quelles pertes réseau, quelle période de référence, quelle prise en compte des imports-exports ? On n’a aucune réponse, simplement le chiffre

Mais n’habillons pas un choix politique en donnée physique.

Vous avez un projet de rénovation dans le 66 ou le 11 ?

Sur le terrain, on voit déjà les effets de la première baisse

Depuis le 1er janvier 2026, on a des clients qui nous signalent la même chose : leur étiquette DPE a changé sans qu’ils aient touché à leur logement. Ils tombent dessus par hasard, sur une nouvelle attestation ou une annonce immobilière.

Pour vérifier l’ampleur du phénomène chez vous, l’Observatoire du DPE et de l’audit énergétique de l’ADEME permet de consulter la nouvelle étiquette de son logement en ligne. L’outil est gratuit et accessible à tous.

La baisse fictive qui masque la vraie tendance : la facture qui grimpe

Sur le papier, l’étiquette s’améliore. Dans les faits, la consommation réelle du logement ne bouge pas d’un kWh.

C’est une baisse fictive de la consommation affichée, pendant que les factures d’électricité, elles, suivent une trajectoire inverse depuis plusieurs années.

Une passoire thermique qui change de lettre sans travaux reste une passoire thermique pour celui qui doit la chauffer.

Ce que ça change pour vos aides à la rénovation

Sortir administrativement du statut de passoire énergétique peut fermer l’accès à certaines aides à la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’ en tête, réservées aux classes E, F et G.

Le logement reste pourtant tout aussi énergivore qu’avant l’arrêté. Seule la grille de lecture a changé, pas la thermique du bâti.

C’est tout l’enjeu d’un programme de rénovation globale pensé sur la consommation réelle, pas sur l’étiquette du moment.

Un coefficient qui change trois fois en six ans, ce n'est plus un outil de mesure. C'est un curseur politique.

Le DPE devait rassurer les Français sur la réalité thermique de leur logement. Aujourd’hui, il raconte surtout l’évolution du calcul, pas celle du bâti.

Ma conviction reste la même depuis quinze ans de terrain : ne rénovez jamais pour une étiquette. Rénovez pour votre confort réel, et pour votre facture réelle.

Coefficient électrique, DPE 2027 : ce que les propriétaires du 66 et du 11 se demandent

Qu'est-ce que l'arrêté du 19 août 2026 change concrètement ?

Il fixe le coefficient de conversion électrique à 1,7 au 1er janvier 2027, contre 1,9 aujourd’hui.

Le coefficient a baissé une première fois au 1er janvier 2026. C’est ce calcul administratif qui a modifié votre étiquette, pas votre logement.

Il était fixé à 2,58 pendant des décennies. Il est passé à 2,3 en 2021, puis 1,9 en 2026, puis 1,7 en 2027.

Non. Un calcul basé sur le rendement réel du parc électrique français et les pertes réseau aboutit plutôt à 2,68. (Calcul indicatif à partir des données publiques)

L’Observatoire du DPE et de l’audit énergétique de l’ADEME permet de consulter gratuitement l’étiquette actualisée de votre logement. Lien observatoire

Non. Une attestation gratuite de mise à jour suffit, sans nouveau passage de diagnostiqueur.

Non. Le coefficient ne modifie que le calcul réglementaire, pas votre consommation réelle ni son prix.

Oui, certaines aides ciblent spécifiquement les classes E, F et G. Une sortie administrative peut fermer cette porte.

Pour ces énergies, l’énergie primaire est directement le combustible brûlé, sans étape de production ni de transport à intégrer.
On en prend jamais en compte l’extraction, transport et livraison, comme pour l’électricité où on raisonne sur le rendement des équipements.

Une Visite Conseil sur site permet d’évaluer votre confort réel et vos priorités, sans se fier uniquement au DPE.

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